Un géophone, c’est un micro qui n’écoute pas l’air, mais la matière. Il capte les vibrations qui traversent le sol, le bois, le métal ou la glace, et les transforme en son. Un battement de cœur, des pas dans une forêt, une machine qui tourne, un arbre qui craque : des sons qu’un micro classique n’entend presque pas !
Je fabrique mes géophones à la main, et on me demande souvent à quoi ils servent vraiment et comment bien choisir. Voici l’essentiel, simplement, avec un son pour vous faire une idée.

Écoutez d’abord
Mettez un casque qui descend bien dans les graves : sur les haut-parleurs d’un téléphone, on passe à côté de l’essentiel.
Comment fonctionne un géophone ?
À l’origine, le géophone est un outil de géologue. On le plante dans le sol pour mesurer les vibrations de la terre, lors des études sismiques. Dans un géophone classique, un aimant et une bobine bougent l’un par rapport à l’autre quand le sol vibre. Ce mouvement crée un petit courant électrique : c’est ce signal que l’on enregistre.
Un micro classique, lui, capte les variations de pression de l’air. Le géophone écoute ce qu’il touche. C’est pour ça qu’il entend si bien les graves, les chocs et les frottements, et qu’il capte très peu les bruits autour de lui.
Notre géophone est construit autour d’un capteur sismique omnidirectionnel. Il va de 5 Hz à 5 000 Hz, avec une réponse plate à partir de 15 Hz. Pour comparer, l’oreille humaine commence à entendre vers 20 Hz : le géophone descend encore plus bas ! Et il n’a besoin d’aucune alimentation fantôme 48 V.
Qu’est-ce qu’on entend avec un géophone ?
- Le corps : posé contre la poitrine, il fait entendre votre cœur battre.
- Le sol : des pas, un grondement lointain, tout ce qui fait vibrer la terre autour de vous.
- Le bois : un arbre qui ploie dans le vent, un parquet qui grince, une table qu’on tapote.
- Le métal : une rambarde, une tôle, un radiateur, un grillage qu’on fait vibrer.
- Les machines : un lave-linge en plein essorage, un frigo, un moteur au ralenti.
- Les instruments : la caisse d’une guitare, la peau d’un tambour, une kalimba.
Pour qui est fait le géophone ?
Nos géophones partent chez des profils très différents. Voici ce que chacun vient y chercher.
Pour les sound designers
Le géophone est une mine d’impacts, de basses et de drones. Une porte qui claque enregistrée par le mur, une machine écoutée avec la Ventouse, un battement de cœur pour une scène de suspense : des sons bien à vous, qu’on ne trouve pas dans les banques de sons.
Autre avantage : comme il écoute surtout ce qu’il touche, le géophone laisse de côté une bonne partie du bruit ambiant. Pratique quand on n’a pas de studio !
Nos microphones pour les sound designers
Pour les audio naturalistes
Le géophone emmène le field recording là où l’oreille ne va pas : sous vos pieds. Planté dans le sol, calé contre un tronc ou posé sur la glace d’un lac gelé, il fait entendre la nature de l’intérieur.

Nos microphones pour les audio naturalistes
Pour les musiciens
Posé contre une guitare ou un tambour, le géophone capte les vibrations du bois et de la peau plutôt que le son dans l’air. Le résultat est très différent d’une prise classique : à utiliser seul, ou à mélanger. Et un battement de cœur fait une rythmique étonnante !
Nos microphones pour les musiciens
Pour les artistes
Pour une installation sonore ou une performance, le géophone transforme n’importe quelle structure en source sonore. Sous un plancher de scène, les pas des danseurs deviennent la musique. Sur une table en bois, les visiteurs jouent sans le savoir.
Nos hydrophones et géophones pour les artistes
Comment bien choisir son géophone ?
Pas besoin d’un capteur de laboratoire pour faire du sound design ou du field recording. Voici les points qui comptent vraiment.
1. Géophone ou hydrophone ?
C’est la première question à se poser. Si vous voulez écouter dans l’eau, il vous faut un hydrophone. Si vous voulez écouter le sol, le bois, le métal ou le corps, c’est le géophone.
Bonne nouvelle : les têtes de nos deux micros sont les mêmes. Si vous avez déjà l’un, vos accessoires se vissent sur l’autre.
Hydrophone : c’est quoi et comment le choisir ?
2. Géophone ou micro contact ?
Un micro contact piézo écoute aussi les vibrations, et coûte souvent moins cher. Mais il est surtout à l’aise dans les médiums et les aigus. Le géophone, lui, est fait pour les graves : c’est lui qui donnera du poids à un impact ou à un grondement. Si ce sont les basses qui vous intéressent, prenez un géophone.
3. La prise : elle dépend de votre appareil
Le géophone se branche sur une entrée micro. La prise doit donc correspondre à votre appareil :
- XLR : pour la plupart des enregistreurs et des cartes son. C’est la plus robuste, et celle que je conseille.
- Gros jack 6,35 mm : pour un ampli guitare, une boîte de direct (DI) ou un enregistreur avec entrée jack.
- Mini-jack 3,5 mm : pour les petits enregistreurs à entrée mini-jack, comme le Zoom H1 ou certains Tascam. Pas pour un smartphone ni une enceinte.



Un doute ? Regardez l’entrée micro de votre appareil avant de commander, ou posez-nous la question. Nous écrire
4. Passif ou alimenté ?
Notre géophone est passif : pas de pile, pas d’alimentation 48 V. Par contre, comme tout micro, il a besoin d’un appareil qui amplifie son signal. Branché directement sur un téléphone, un ordinateur ou une enceinte, il ne fonctionnera pas !
5. La bande passante, surtout vers le bas
Pour un géophone, ce qui compte, ce sont les graves. Le nôtre descend jusqu’à 5 Hz. Vérifiez juste que votre enregistreur ne coupe pas ces graves : beaucoup ont un filtre coupe-bas, qu’il faut désactiver.
6. Le câble
Notre géophone a 3 mètres de câble. C’est l’idéal pour des sons à portée de bras, et assez pour ne pas marcher à côté du micro pendant la prise. Besoin d’aller plus loin ? Sur les versions XLR et gros jack, vous pouvez ajouter une rallonge.
7. Les accessoires
Le géophone est livré avec son Pic Terre. D’autres têtes se vissent en quelques secondes :
- Pic Terre (livré avec le géophone) : pour écouter le sol.
- Magnet : pour les surfaces métalliques.
- Ventouse : pour les vitres et les surfaces planes.
- Flotteur : à remplir de sable ou de petits cailloux pour en faire une maracas !

8. L’étanchéité
Dans sa version standard, notre géophone n’est pas étanche : gardez-le au sec, surtout dans l’herbe mouillée ou sur la glace. Une version étanche arrive bientôt. En attendant, pour tout ce qui se passe dans l’eau, prenez l’hydrophone.
Quelle version pour quel usage ?
| Vous branchez sur… | Prise | Accessoires | Prix |
|---|---|---|---|
| Un enregistreur de terrain ou une carte son | XLR | Pic Terre | 129,99 € |
| Un ampli guitare ou une DI | Gros jack 6,35 mm | Pic Terre | 129,99 € |
| Un petit enregistreur à entrée mini-jack | Mini-jack 3,5 mm | Pic Terre | 129,99 € |
| Vous voulez tout essayer : sol, métal, vitres, maracas | XLR | Pic Terre, Magnet, Ventouse et Flotteur | 139,99 € |
Chaque géophone est fait à la main en France et testé avant l’envoi. Voir les versions et les prix du géophone
Vous hésitez avec un autre modèle ? On a comparé les géophones du marché, prix et caractéristiques à l’appui. Comparatif géophones : Manalive Audio, LOM Geofón et Leaf Audio
Les erreurs qu’on fait tous au début
- Écouter sur de petits haut-parleurs. Les graves du géophone passent à la trappe. Prenez un casque.
- Laisser le filtre coupe-bas activé. Il supprime justement ce que le géophone capte de mieux.
- Le gain trop bas. Le signal est faible : montez le gain franchement, puis ajustez.
- Bouger pendant la prise. Le géophone entend vos pas et le moindre frottement du câble. Restez immobile.
- Un mauvais contact. Posé de travers ou mal planté, il capte beaucoup moins. Plus le contact est ferme, meilleur est le son.
Tous nos conseils pour bien utiliser son géophone
Vos questions
Quelle différence entre un géophone et un micro classique ?
Un micro classique écoute l’air. Le géophone écoute la matière qu’il touche : le sol, le bois, le métal, le corps. Il capte des graves et des vibrations qu’un micro classique n’entend presque pas.
Peut-on brancher un géophone sur un smartphone ?
Pas directement. Il faut passer par une interface avec une entrée micro, qui amplifie le signal. Le plus simple reste un enregistreur.
Peut-on utiliser le géophone sous l’eau ?
Pas la version standard, qui n’est pas étanche. Pour l’eau, il faut un hydrophone. Une version étanche de notre géophone arrive bientôt.
Mes accessoires d’hydrophone vont-ils sur le géophone ?
Oui ! Les têtes sont les mêmes sur nos deux micros. Elles se vissent en quelques secondes.
Prêt à écouter la matière ?
Notre géophone est fabriqué à la main en France et testé avant l’envoi. Il est disponible à partir de 129,99 €, avec son Pic Terre !
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Sources
Les caractéristiques de nos micros viennent de nos propres mesures et de nos fiches produits. Pour le reste, voici les références sur lesquelles s’appuie cet article.
